LE BILAN DIAGNOSTIQUE INITIAL

  1. -19 février 2019 : Mon PSA atteint 9,53, bien au-delà de la cote d’alerte de 4. Je consulte un urologue qui me prescrit une IRM endorectale.

  2. -28 février 2019 : Résultat de l’IRM : Adénocarcinome intracapsulaire de 8 mm, hypervascularisé, classé PIRADS 4/5, sans extension apparente.

  3. -8 mars 2019 : Scanner du thorax, qui ne détecte pas de métastases.

  4. -2 avril 2019 : Biopsie prostatique qui précise que l’adénocarcinome comprend 3 mm de score de Gleason 8 (4+4), à caractère agressif.

  5. -29 avril 2019 : Scintigraphie bassin et squelette entier, qui ne détecte pas de métastases.

  6. -7 mai 2019 : L’urologue m’adresse à un service de radiothérapie qui me programme 30 séances de rayons, que je décline le temps de compléter mon information et mûrir ma décision.

  7. -22 mai 2019 : Mon PSA atteint 10,70 (selon moi probablement « dopé » par les deux agressions successives que constituent l’IRM et la biopsie). Ma décision est prise, et j’entreprends le jour même d’adopter le traitement métabolique de Laurent Schwartz, qui éveille en moi une vocation de cobaye, qu’alimentent mon intérêt pour les sciences et mon indépendance d’esprit.


LES RAISONS DE MON CHOIX DE THÉRAPIE

Les rayons ionisants sont réputés efficaces. Il en résulte une intéressante survie à 5 ans dont ils peuvent, à juste titre, se réclamer. Leur mode d’action consiste à bombarder la zone atteinte de radicaux libres qui détruisent l’ADN des cellules tumorales, induisant leur apoptose, suivie de leur évacuation par les lymphocytes. Le hic premier est qu’ils commettent également des dégâts (qui ne sont que partiellement réversibles) aux cellules saines environnantes et, par voie de conséquence, aux défenses immunitaires de l’organisme ; il s’ensuit bien des problèmes de santé — à tout le moins de confort —, de nature à vous pourrir la vie. Le hic second est qu’ils peuvent induire des cancers stochastiques susceptibles d’apparaître des années plus tard. En fin de compte, la survie statistique à 10 ans s’avère insignifiante, au point de m’être apparue insuffisamment convaincante pour justifier le choix de cette thérapie dévastatrice d'inspiration terre brûlée. Au passage, vous noterez que le docteur Schwartz est radiothérapeute lui-même, et qu’il s’est agi-là pour moi d’un argument décisionnel de poids.

Encore tout enduit de candeur, à partir du 2 mai 2019 j’ai entrepris la tournée des services d'urologie des hôpitaux de l’AP-HP afin de prendre des avis et approfondir ma connaissance des thérapies — notamment les plus récentes — auxquelles je pouvais prétendre, soit en interne, soit dans un autre établissement, comptant pour cela sur de possibles recommandations confraternelles aptes à m’orienter vers les services d’un confrère disposant de l’environnement thérapeutique de spécialité adéquat. Dans ma naïveté, il m’a fallu un certain temps pour réaliser l’utopie de ma démarche… On se croit mèche (patient) on n’est que suif (client) [Brel et moi dixit]. L’un d’eux, au demeurant fort sympathique, m’a offert à titre exceptionnel, en prenant toutes les précautions administratives conformes aux règles de son art, de choisir entre la surveillance active (totalement inconcevable de l’avis de ses confrères) et la radiothérapie possiblement complétée d’hormonothérapie (dont j’avais dans un premier temps accepté le principe, jusqu’à ce que je découvre qu’elle est classiquement tenue en échec après deux ans de rémission, et génératrice de dérèglements hormonaux fort handicapants).

De son côté, le protocole Schwartz promettait, sinon une possible guérison, du moins un ralentissement significatif de l’évolution de la plupart des cancers. À cet égard, la pertinence de son protocole, qui ne s’adresse qu’aux tumeurs (de très loin les plus répandues) développant un métabolisme glycolytique, est désormais — depuis peu — pleinement avérée, et Big Pharma s’est enfin emparé du sujet en entreprenant de mettre au point des molécules équivalentes éminemment brevetables qui feront le bonheur de ses actionnaires. Pour autant, les cellules tumorales savent faire preuve d’une intelligence diabolique, apte à éditer des mutants capables de tenir en échec les thérapies les plus élaborées. En conséquence, il reste encore au docteur Schwartz à compléter son protocole avant qu’il lui soit permis de parler de probable guérison. Je considère pour ma part que l’importance volumique des métastases conditionne les perspectives de succès, dans la mesure où il est de simple bon sens de considérer que les maigres troupes de compléments alimentaires que l’on mène au combat ne peuvent pas être pleinement opérationnelles sur tous les fronts à la fois.


LE DÉROULEMENT DE MA THÉRAPIE

C’est donc le 22 mai 2019 que je suis entré de plain-pied dans le protocole gracieusement mis à la disposition du reste de l’humanité par le docteur Schwartz (j’avais déjà, depuis quelques semaines, réduit mes rations alimentaires, notamment les sucres, alors que mon IMC avait insidieusement atteint 30).

Au début, tout a été fort simple : il m’a suffit d’introduire dans mon alimentation une dose d’acide lipoïque et d’hydroxycitrate conforme aux préconisations du Maître. L’effet du traitement ne s’est pas fait attendre : 9 jours plus tard, le 31 mai, mon PSA a été ramené de 10,70 à 9,43.

Ce même 31 mai, j’ai introduit dans mon alimentation une dose élémentaire de metformine que mon médecin traitant, bien que sceptique, a accepté de me prescrire. J’ai également orienté progressivement (entre juin et août) mon alimentation vers un régime cétogène, alors préconisé par le docteur Schwartz. Le 19 juin, mon PSA avait chuté à 8,08.

Au fil des semaines et des mois, j’ai introduit davantage de metformine (à l’exception d’un retour en arrière provisoire le 10 octobre sur lequel je reviens à la page Le régime cétogène) et un nombre croissant de compléments alimentaires suggérés par mes lectures. Il en est résulté, de proche en proche, de nouvelles chutes de mon PSA, jusqu’à son point nadir de plus de 3 ans, à 5,25 le 20 février 2020. Dans le même temps, mon IMC est passé de 30 à 25, valeur tenue pour idéale (mise à jour au 10 juin 2020 : 22,5). Mais ce n’est pas tout : alors que je me porte bien et ne souffre toujours de rien, je constate depuis la fin de l’année 2019 que mes cheveux sont beaucoup plus fournis, reprenant même pour partie leur ancienne couleur, qu’une fine pilosité nouvelle et universellement colorée est apparue aux endroits où elle se faisait plus rare, que ma tension artérielle (qui avait atteint 230/130 il y a 30 ans !) précédemment traitée par… 20 mg d’un IEC ! se passe désormais de tout traitement (120/75 randomisée), que mes brûlures œsophagiques apparues il y a une quinzaine d’années se passent désormais d’IPP, que ma prise quotidienne de somnifères remontant à 45 ans est oubliée depuis 1 an. Bref, tout se passe comme si j’avais rajeuni — en mieux ! Ce sont ces constats qui, depuis quelques semaines, ont inspiré à mon bouillonnant et génial cerveau les éléments de discussion que je développe au paragraphe suivant…


DISCUSSION

Depuis quelque temps, avec une insistance croissante, les médias se font l’écho du nouvel engouement de la recherche médicale pour l’immunothérapie. Si vous avez pris connaissance du chapitre ci-avant dans lequel j’expose les raisons de mon choix de thérapie, vous aurez noté que les thérapies inscrites de longue date aux protocoles incontournables de Big Pharma s’éloignent résolument de l’immunothérapie, en adressant aux cellules tumorales des radicaux libres surnuméraires, lesquels ont alors pour effet pervers de porter atteinte aux défenses immunitaires de l’organisme. Deux cas peuvent ainsi se présenter : ou bien toutes les cellules tumorales sont détruites, et le malade se remet tant bien que mal des dégâts infligés à son organisme (sous réserve qu’il ne traverse pas d’épisode infectieux alors qu’il est encore très affaibli — auquel cas le risque de décès reste élevé), ou bien le mal survit et le cancer flambe alors que l’organisme est irrémédiablement affaibli — auquel cas les espoirs de survie sont très vite anéantis.

Au fur et à mesure de mon adhésion au protocole de Laurent Schwartz, j’ai fini par me laisser convaincre par mes lectures de l’intérêt des antioxydants en matière de lutte contre le vieillissement, sachant que leur mode d’action consiste à lutter contre les radicaux libres surnuméraires qui en sont notoirement responsables. C’est ainsi qu’au fil des semaines et des mois j’ai fini par en adopter une douzaine aux vertus affirmées, en complément de quelques autres se réclamant de différents bienfaits (antitumoraux, par exemple) généralement contestés, eux, par les agents de Big Pharma. Pour autant, je n’ai pas perdu de vue les affirmations alarmistes de certains, selon lesquelles l’excès d’antioxydants serait sèchement contre-productif et favoriserait le cancer — mais leurs auteurs n’omettent-ils pas de préciser que leur adoption concomitante à un traitement oxydatif fondé sur l’adressage de radicaux libres à la tumeur et à son voisinage, tend à annuler les effets de ce dernier ? En outre, dans aucune de mes lectures, je n’ai trouvé de renseignements relatifs aux quantités à ne pas dépasser. Il faut croire que j’ai eu de la chance…

Toujours est-il qu’en l’absence de dégradation de mon état de santé et de mes bilans sanguins, et fort de la chute sans cesse affirmée de mon PSA, je m’en suis tenu, pour un temps encore, à l’empirisme le plus aléatoire.

C’est alors que vers la fin de l’année, à l’occasion d’une banale émission de radio s’ouvrant sur les nouvelles perspectives de l’immunothérapie, j’ai eu soudain LA Révélation. J’allais entrer dans l’Histoire comme LE monsieur Jourdain de la recherche médicale ! J’avais, sans en être nullement conscient, sous-traité à mes défenses immunitaires dopées aux antioxydants le soin de me débarrasser de l’intrus… Depuis lors, j’attends dans une anxiété mêlée d’impatience le verdict de l’histoire car ce qui est paraît simple en matière scientifique l’est souvent un peu trop, hélas !…

LA POLÉMIQUE

Bien qu’elle soit déclarée d’intérêt secondaire par le Dr Schwartz, l’activité physique est de recommandation universelle, que l’on soit ou non touché par le cancer. D’ailleurs, pour paraphraser le docteur Knock, tout bien portant est un cancéreux qui s’ignore… cela est d’ailleurs statistiquement vrai, tant est asymptomatique, jusqu’à un stade avancé, cette maladie sournoise dont on ne peut soupçonner la survenue qu’en procédant à des examens de contrôle, voire prédictifs réguliers. Big Pharma sait le faire — et très bien —, mais ne le pratique que rarement avant qu’il soit trop tard. Très souvent, le cancer n’est découvert qu’à l’occasion d’examens pratiqués pour une toute autre raison. Faut-il y voir l’effet de contraintes budgétaires grandissantes de la Sécu ? Ou le plan machiavélique de Big Pharma qui espère sournoisement une meilleure rentabilité du traitement des cas les plus avancés ? Ainsi, le dosage du PSA, grâce auquel mon cancer a été diagnostiqué à un stade intermédiaire d’évolution (agressif mais pas encore métastatique — ?), n’est plus systématiquement prescrit à titre préventif, étant désormais déclaré socialement « peu rentable » par la Sécu. On le voit, la théorie du complot n’est jamais à court de rations alimentaires…

Toujours est-il qu’aucun médecin consulté ne m’a jamais tenu ce discours élémentaire, même dûment informé de la réalité de mon état : « En quittant mon cabinet, commencez, sans attendre la suite de votre programme de soins, par vous débarrasser de toutes vos gourmandises sucrées, ramenez progressivement votre IMC à 25, et mettez-vous au rameur d’appartement. À tout hasard, prenez aussi connaissance des fake news colportées par ce charlatan de Schwartz et ses adeptes, dont l’effet placebo peut induire des effets positifs sur les faibles d’esprit que sont les citoyens ordinaires de tous les pays. Pour ma part, en ma qualité de sachant, je n’y crois pas ; d’ailleurs, ma religion me l’interdit ».

J’ajoute, à l’issue de plus d’une année consacrée à mon état de santé, qu’en lieu et place de l’assistance que je pensais pouvoir attendre de mes médecins, je n’ai eu droit qu’à des prestations systématiquement bâclées (presque toutes) et hostiles (la plupart).

ET L’AVENIR DANS TOUT ÇA ?

Quoi qu’il en soit, l’avenir est encore loin d’être serein car plusieurs interrogations restent en suspens :

  1. -Pour quelle mystérieuse raison, un simple pas de côté dans la pharmacopée ou la posologie se traduit-il par une remontée rapide du PSA, sans commune mesure avec la vitesse toute relative de progression qui était la sienne à l’époque révolue où il se situait au même niveau ? Une logique s’impose : le PSA ainsi réduit serait en partie virtuel, ne reflétant pas intégralement la réalité objective du cancer (qui battrait en retraite en bunkérisant ses troupes d’élite sur le terrain, chargées de reprendre prestement l’offensive au moindre relâchement des troupes adverses ?).

  2. -Pour métaphorique qu’il soit, ce premier constat conduit à envisager de prolonger, si ce n’est à vie, du moins pour une période indéterminée, le traitement en cours, faute de quoi le temps de survie escompté risque fort de se voir rattrapé par la patrouille le jour, qui n’est jamais très éloigné, où les cellules tumorales survivantes finissent par prendre à revers tout traitement visant à leur apoptose. À l’heure actuelle, Big Pharma s’emploie à trouver une solution à cet épineux problème. Et il est bien le seul à être en mesure d’y parvenir ! Avé, César ! Ceux qui vont mourir… Pour comble d’incertitude, les cellules tumorales semblent posséder une intelligence stratégique stupéfiante qui les rend aptes à surmonter tous les obstacles que la science leur oppose, à l’instar du Blob qui a fait récemment l’objet sur Arte d’une émission de 51mn intitulée Le blob un génie sans cerveau. Le parallèle avec le cancer et ses redoutables capacités de résilience est de toute première évidence. Pour le télécharger, vous devrez fournir le mot de passe : uzd0cw

  3. -Rien ne permet non plus d’affirmer que la réduction volumique de l’adénocarcinome éloigne d’autant la survenue de futures métastases. Le radiologue IRMiste qui me suit se montre plus optimiste que moi à cet égard au nom d’une logique rassurante malgré tout. [NDLR : Cf Dernières nouvelles en date du 29 juin 2020 : l’IRM du jour (la 3e du genre) tend à lui donner raison].

  4. -Toutefois, l’irréductible stratège ambivalent que je suis tient (NB du 20 février : tenait ?) en réserve deux compléments alimentaires dont Big Pharma se serait depuis longtemps emparé s’ils avaient été brevetables car ils entrent dans la catégorie des émetteurs de radicaux libres à l’instar des rayons ionisants et des nombreuses chimiothérapies de Big Pharma, à l’exact opposé du mode d’action des antioxydants. Tous les deux ciblent préférentiellement les cellules tumorales en mettant à profit certaines spécificités qui les différentient des cellules saines. Si je n’y ai de longue date pas encore eu recours, c’est pour l’excellente raison qu’il me faudrait (selon toute logique) renoncer pour un temps aux antioxydants qui m’ont si bien réussi, et constituent pour l’instant une « équipe qui gagne ». Mais, malgré tout, tôt ou tard, ils finiront eux aussi par être rattrapés par la patrouille…

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